Site Junior - Fondation Brigitte BardotTu désires nous écrire ?
Les Grands Dossiers


Retour à la page des dossiers

La fin du Thon Rouge

Le thon rouge est un magnifi que poisson : pouvant peser jusqu’à 500 kilos pour 3 m de longueur, il vit en bancs. Migrateur, il parcourt des milliers de kilomètres tous les ans. Sa chair rouge, à qui il doit son nom, a toujours été très appréciée des hommes qui le pourchassent à travers les océans depuis des siècles. Le perfectionnement rapide des techniques de pêche lui a été fatal. Il est aujourd’hui en voie de disparition. Les pays qui le traquent, dont la France, refusent pourtant d’arrêter la pêche. Si les prises continuent au même rythme, ce superbe poisson aura défi nitivement disparu en 2050…

Un bolide migrateur
Les bancs de thons rouges sont toujours en mouvement. Sur des milliers de kilomètres, ils suivent les bancs de poissons plus petits dont ils se nourrissent : harengs, maquereaux, sardines, méduses ou anchois. Leurs formes fuselées et leurs muscles en font des chasseurs très effi caces, pouvant pousser des pointes de vitesse à plus de 80 km/h et plonger à plus de 1000 mètres de profondeur !

Reproduction
En Méditerranée, les femelles pondent à partir de quatre ans. Elles pèsent alors 25 kg. La taille moyenne des prises est de 50 kg, soit des poissons âgés de six ans qui n’auront pu se reproduire que deux fois avant de fi nir dans les assiettes… Un terrible gaspillage.

Record
Le thon rouge le plus gros jamais pêché pesait 679 kilos. C’était en 1979. Il est fort probable qu’il n’existe plus aujourd’hui de tels spécimens…

Trop de mercure dans les thons
Le thon est un prédateur, l’un des derniers maillons de la chaîne alimentaire des océans. En dévorant des tonnes de poissons plus petits, il concentre dans son organisme des substances très toxiques appelées métaux lourds, comme le mercure, l’un des plus dangereux. Le corps de l’homme, le principal consommateur de thon, ne peut pas se débarrasser de ces substances qui, quand elles sont trop concentrées, provoquent de graves maladies.

Les bancs de thons rouges de l’Atlantique viennent se reproduire en mer Méditerranée.
C’est là que les bateaux français, espagnols et italiens les capturent. Le nombre de thons migrant en Méditerranée diminue chaque année. Aucun des pays qui bordent cette mer et pratiquent la pêche du thon rouge n’accepte d’arrêter. La France ne veut pas protéger le thon rouge

L’engraissment, une catastrophe écologique
Les thons capturés sont réunis dans des grandes cages où ils sont engraissés afin qu’ils soient plus gros quand ils seront vendus, et qu’ils rapportent donc plus d’argent. Le thon doit manger 15 kilos de petits poissons pour grossir d’un kilo. Ce sont donc des milliers de tonnes de jeunes poissons qui sont ainsi utilisées chaque année, ce qui aggrave encore la surpêche le long des côtes.

Sushi et sashimi
90 % des thons rouges pêchés dans le monde sont vendus au Japon où ils servent à la confection des célèbres sushi et sashimi. Les Japonais sont particulièrement friands du ventre, qui est le plus gras. Ils ont longtemps pêché le thon rouge du Sud, qui vit dans l’Océan Indien, et le thon rouge du Pacifi que. Ces espèces sont maintenant en danger d’extinction, ce qui a poussé les Japonais à acheter la plupart des thons rouges de l’Atlantique pêchés en Méditerranée, provoquant rapidement la disparition de cette troisième espèce. Au marché aux poissons de Tokyo, les plus beaux thons peuvent atteindre le prix d’une voiture de sport.