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Les Grands Dossiers


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Les oiseaux de mer en France

Sternes, goélands, cormorans, fous… Pour toi, comme pour beaucoup de vacanciers, ces beaux oiseaux qui jouent avec le vent et la mer sont simplement des mouettes. Regarde attentivement les dessins et les photographies de ce dossier et tu découvriras un nouveau monde fait d'une multitude d'oiseaux très différents qui, s'ils ne sont pas tous des mouettes, ont un point commun beaucoup plus triste : leur beauté est menacée par l'homme...

Les oiseaux marins se regroupent par espèce pour nicher au même endroit : ce rassemblement de nids s'appelle une colonie. Certaines, comme chez les sternes ou les cormorans, comptent une dizaine d'individus, d'autres, chez les fous par exemple, comptent plusieurs centaines d'individus. Plusieurs espèces peuvent se partager une même falaise : leur colonie atteint alors plusieurs milliers de couples ! Si un intrus, rapace, rat, renard ou homme, s'approche un peu trop d'un nid, il est rapidement mis en fuite par des dizaines d'oiseaux qui leur piquent dessus en criant ! Pendant ce temps, les autres oiseaux de la colonie peuvent pêcher tranquillement sans se soucier de la sécurité de leur progéniture. Si, lors d'une promenade, un goéland ou une sterne te piquent dessus, n'aie pas peur : ils veulent juste t'effrayer et ne te blesseront pas. Tu es sûrement trop près d'un nid : ne t'attarde pas et fais demi-tour.

Si les goélands et les cormorans se contentent de passer l'hiver en vagabondant le long des côtes, d'autres espèces réalisent de véritables périples. Macareux, guillemot, petits pingouins, fous et mouettes tridactyles passent l'hiver au large. Certains quittent l'Atlantique pour la Méditerranée, d'autres montent au contraire vers le Groenland ou restent dans le golfe de Gascogne. Ils ne reviendront à terre que pour se reproduire. Une technique permet de suivre ces migrationss : le baguage. Des spécialistes capturent les oisillons au nid et leur glissent une bague autour de la patte indiquant le lieu et la date de la capture avant de les rendre à leurs parents. Certaines bagues ont révélé des surprises extraordinaires : un goéland argenté a atteint l'âge de 32 ans tandis que la sterne arctique, qui ressemble à la sterne pierregarin mais niche dans le Nord de l'Europe, effectue chaque année un périple qui l'amène jusqu'en Antarctique, soit un aller-retour de 36 000 km ! La sterne pierregarin peut descendre jusqu'en Namibie, ce qui est déjà impressionnant !

Chaque espèce est parfaitement équipée pour un type de chasse :
  • Le bec et la silhouette effilés des sternes et des fous les transforment en fusée quand ils piquent sur leur proie : ils n'ont plus qu'à ouvrir le bec !

  • Le cormoran plonge aussi, mais peut poursuivre ses proies sous l'eau : il utilise ses pattes palmées comme rames et sa queue comme gouvernail.


  • Petits pingouins, guillemots et macareux ont des petites ailes qui les handicapent pour voler mais qui leur assurent agilité et rapidité quand ils plongent pour chasser. Leur bec leur permet de capturer plusieurs poissons d'affilée : celui du macareux peut en contenir plus de soixante !

  • Fort et coupant, le bec du goéland est polyvalent : il ouvre les crabes, déchiquette les poissons morts… c'est aussi une arme redoutable que ce pirate utilise contre les autres oiseaux dont il pille volontiers les nids, à moins qu'il ne préfère leur voler leur pêche !

À l'exception des goélands et des sternes qui s'accommodent d'habitats très différents, les autres oiseaux de mer ne nichent, en France, que sur les falaises et les rochers des côtes bretonnes et normandes. Tu peux par contre les observer le long de toutes les autres côtes sur lesquelles ils s'aventurent au gré de leurs migrations ou pour s'abriter d'une tempête. La plus grosse concentration d'oiseaux marins niche dans la réserve des Sept Îles, au large de Perros-Guirec, sur la côte nord de la Bretagne. Cette réserve abrite la seule colonie française de macareux moines, une impressionnante colonie de Fous de Bassan ainsi que des milliers d'autres couples d'oiseaux de mer. Fondée en 1912 par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), c'est également la plus ancienne réserve naturelle française.


Les marées noires continuent de polluer nos rivages avec une régularité désespérante. Ces centaines de milliers de tonnes de pétrole peuvent couvrir en très peu de temps des surfaces immenses qui se transforment alors en pièges mortels pour des milliers d'oiseaux. Les plus englués meurent noyés, mais les autres succombent au froid : sali, leur plumage n'est plus imperméable et ne peut plus les protéger… Au mépris des lois qui interdisent le dégazage, certains pétroliers continuent de nettoyer leurs cuves en mer, créant des mini-marées noires... L'exploitation excessive de certaines zones de pêche par l'homme est une catastrophe moins spectaculaire que les marées noires, mais elle représente un danger bien plus grand encore. Privés des poissons de petites tailles qui sont leur seule nourriture, guillemots, petits pingouins et macareux ne parviennent plus à se reproduire… Le tourisme, en détruisant ou en abîmant une partie du littoral, est une autre menace qui plane sur la survie de nombreuses espèces. Pour que tes vacances ne contribuent pas à aggraver un peu plus la situation, quelques réflexes suffisent. Si tu quittes la plage pour une balade le long d'une côte encore sauvage, respecte bien les chemins balisés : les oiseaux n'aiment pas être dérangés et tes pas abîment le fragile gazon qui orne le sommet des falaises ou des dunes. Enfin, si la commune ou une association locale organise une opération plage propre, n'hésite pas à y participer : sacs plastique et bouteilles vides, en plus de salir les plages, sont autant de pièges mortels pour les oiseaux.

Les secrets des oiseaux de mer t'intéressent et tu veux en savoir plus sur eux ? Trois choses te seront indispensables : une paire de jumelles, un guide d'identification des oiseaux et... une bonne dose de patience. N'hésite pas à noter tes observations : tu seras surpris, d'une année sur l'autre, de revoir les mêmes espèces à la même époque et au même endroit au retour de leur migration !

Quelques oiseaux de mer :

Le fou de Bassan

Avec son 1,70 m d'envergure, le fou de Bassan est le plus grand des oiseaux de mer européens ! Il passe le plus clair de son temps dans les airs et chasse en effectuant de spectaculaires plongeons.

Le grand cormoran et le cormoran huppé
Le grand cormoran mesure 1,50 m d'envergure, contre un mètre pour son cousin le cormoran huppé. Au printemps, pour la saison des amours, le premier se distingue par une tache blanche à la gorge, le second par une huppe.

La sterne pierregarin
LLa sterne est surnommée hirondelle de mer à cause de sa queue fourchue et de ses fines ailes qui lui donnent un vol d'une remarquable élégance. Elle capture ses proies en surface en exécutant des piqués aussi spectaculaires qu'acrobatiques. Il existe de nombreuses espèces de sternes et la plus courante en bord de mer est la sterne pierregarin.

Le goéland argenté et le goéland marin
Le goéland argenté est l'oiseau de mer le plus courant le long de nos côtes, mais également à l'intérieur des terres : l'hiver, il lui arrive même de s'installer en plein Paris ! C'est également un vrai pirate qui se nourrit de tout ce qui lui passe sous le bec : déchets, crabes, coquillages ou encore œufs et oisillons des autres oiseaux. Moins répandu, le goéland marin est plus costaud et uniquement maritime..

La mouette tridactyle
En mer, la seule vraie mouette, c'est elle! Elle est assez rare et plutôt discrète, et se distingue du goéland argenté par sa taille plus petite et par son bec plus fin. Elle niche sur les falaises et passe l'hiver en mer. Une autre mouette s'aventure sur les plages en hiver : la mouette rieuse qui se repère facilement à sa tache noire sur la tête. Au printemps, sa tête devient chocolat. Elle niche près des cours d'eau et des marais, mais jamais en bord de mer !

Le macareux moine, le petit pingouin et le guillemot de Troïl
Habituellement, le macareux moine ressemble beaucoup à ses proches cousins, le petit pingouin et le guillemot de Troïl : noir et blanc, de petite taille, il est beaucoup plus à l'aise dans l'eau que dans les airs à cause de ses courtes ailes. Tout change en mars, pour la saison des amours: il rehausse son costume d'un bec aux couleurs extravagantes, gagne la côte alors qu'il a passé le reste de l'année au large, et…creuse un terrier ! C'est en effet au bout d'une galerie d'un mètre que la femelle va couver un œuf unique pendant que son mari pêche pour nourrir toute la famille. Comme ses deux cousins, il se nourrit exclusivement de petits poissons..