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Les Grands Dossiers


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La magie des grandes migrations

Tous les ans, à l'automne, 600 millions d'oiseaux se réunissent et quittent l'Europe pour aller passer la mauvaise saison au soleil. D'autres, comme les canards ou les limicoles (petits échassiers) arrivent de Russie et de Scandinavie pour hiverner chez nous. D'autres encore, comme les grues ou les oies, font une halte en France avant de rejoindre l'Espagne. Au printemps, chacun regagne son pays d'origine pour la période de reproduction. Ces voyages sont connus sous le nom de migrations, un phénomène fascinant qui a développé chez de nombreuses espèces de surprenantes capacités d'endurance et d'orientation. Tous les migrateurs ne sont pas des voyageurs au long cours. Certains effectuent juste des déplacements de quelques centaines de kilomètres pour trouver plus facilement de la nourriture. Ce sont les migrateurs partiels. Les oiseaux qui n'effectuent aucun déplacement sont sédentaires.

En Europe, les grands migrateurs utilisent "trois routes", qui leur évitent de traverser toute la Méditerrannée pour rejoindre l'Afrique :le Bosphore, en Turquie, la pointe de l'Italie et le détroit de Gibraltar, au sud de l'Espagne. Pour passer les Alpes et les Pyrénées, ils empruntent les cols. On peut y observer des milliers d'oiseaux dans la même journée. Enfin, de nombreux migrateurs suivent les côtes, qui sont également un excellent endroit pour les observer.

Quelques grands migrateurs :

Sterne arctique
Record toutes catégories : 15 000 à 20 000 km par an pour faire l'aller-retour entre l'Arctique et l'Antarctique !

Oie cendrée
Elle niche dans le nord de l'Europe et passe l'hiver en Espagne.

Grue cendrée
Elle niche en Scandinavie et hiverne en Espagne. En France, on peut en observer des centaines sur le lac de Der, en Champagne, lors des migrations.

Hirondelle rustique
Fin septembre, les hirondelles françaises mettent le cap vers l'Afrique centrale.
Leurs consœurs nordiques migrent au sud de l'équateur, soit un périple de 10 000 km chaque année !


Coucou gris
Son chant annonce le printemps ! Dès juillet, il quitte l'Europe pour rejoindre l'Afrique équatoriale.

Chevalier combattant
Il niche en Sibérie, jusqu'au détroit de Béring, et hiverne en Afrique équatoriale !

Fauvette des jardins
20 g et un record de 583 km en 24 h !

Les petits oiseaux ne dépassent pas les 40 km/h. Le plus rapide d'entre eux, le martinet, vole à 100 km/h. Quant aux oies et aux cygnes, si les conditions météorologiques sont bonnes, ils peuvent atteindre 150 km/h ! Les oies et les grues forment de grands triangles visibles de très loin dans le ciel. Cette technique leur permet d'économiser de l'énergie. La plupart des oiseaux migrent en grands groupes, ce qui leur permet de se protéger des prédateurs. Certains volent la journée, comme les hirondelles, mais la plupart préfèrent la nuit. Les oiseaux qui battent en permanence des ailes volent à basse altitude alors que les planeurs, comme les oies ou les rapaces qui savent utiliser les courants d'air ascendants, volent entre 2 000 et 6 000 m d'altitude.

Avant le grand voyage, les oiseaux constituent des réserves de graisse et peuvent même, pour certains, doubler leur poids ! Grâce à la mue, ils partent avec un plumage neuf. Les migrations sont étudiées depuis le XIXe siècle grâce au baguage. Le bagueur capture délicatement l'oiseau avec un filet et lui passe à la patte une petite bague métallique portant un numéro d'identification. En re-capturant l'oiseau plus tard, les ornithologues peuvent ainsi se faire une idée de ses voyages. Ils utilisent aussi des radars et des balises reliées à des satellites pour étudier le phénomène de manière encore plus précise. En effet, on ne sait pas encore très bien comment les oiseaux se dirigent : par rapport aux étoiles, grâce à leur mémoire ou en utilisant le champ magnétique terrestre.... Prédateurs, tempêtes, mers et déserts : a route des migrateurs est semée de pièges mortels et tous les ans, des milliers d'entre eux périssent d'épuisement. Mais c'est une fois encore l'homme qui fait planer les plus gros dangers sur leur survie en détruisant les zones humides qui servent de haltes à des milliers d'entre eux, ou encore en hérissant le paysage de pylônes et de lignes à haute tension, obstacles invisibles et meurtriers.