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Les Grands Dossiers


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Courageuse hirondelle

Nous les attendons avec impatience car elles ramènent le soleil. L’été nous admirons leurs ballets aériens au-dessus des toits. À l’automne, elles partent en voyage alors que nous rentrons en classe.

Peu d’oiseaux nous sont aussi familiers que les hirondelles, et pourtant, que sais-tu d’elle ? Construction, migration, météo... Elles nous cachent bien des secrets ! Et les pires dangers qui les menacent ne sont pas les aléas de leurs longs voyages...

Signes distinctifs.

Manteau noir et gorge d’un bel orange sur un corps blanc, l’hirondelle rustique est la plus connue : c’est elle que nous admirons à la campagne. La France compte quatre autres espèces. L’hirondelle de fenêtre, au joli dos bleu, niche volontiers dans les villages. L’hirondelle de rivage et l’hirondelle de rochers, au plumage marron plus discret, vivent en grandes colonies : la première dans les berges escarpées ou les sablières, la seconde sur les falaises, en montagne. L’hirondelle rousseline est asiatique : en France, elle ne niche qu’en Corse.

Une grande voyageuse.

À l’automne, les hirondelles se réunissent par centaines sur les lignes électriques. C’est le grand départ ! Alors qu’elles pèsent moins de vingt grammes, elles vont devoir franchir les montagnes et traverser la mer Méditerranée puis le désert du Sahara en comptant uniquement sur leurs petites réserves de graisse : un véritable exploit qu’elles rééditent deux fois par an ! Nos hirondelles passent l’hiver en Afrique équatoriale (Gabon, Cameroun, Tchad, Centrafrique...). Leurs cousines anglaises et russes, encore plus courageuses, descendent jusqu’en Afrique du Sud, soit un périple de 10 000 kilomètres !

Secrêts de maçonnerie.

Pour faire des nids solides, l’hirondelle utilise... sa salive ! Mélangée à de l’argile, c’est un ciment naturel auquel elle mêle de longs morceaux de paille pour former une sorte de béton armé ! Quelques plumes sont ajoutées pour le confort. L’hirondelle peut réutiliser son nid des années précédentes ou en récupérer un ancien : elle se livre alors à quelques travaux de rénovation.

Roseaux et vieilles croyances.
Jusqu’au XVIIIe siècle, le phénomène des migrations était inconnu. Les observateurs de l’époque, qui voyaient les hirondelles se réunir dans les roselières avant de disparaître, pensaient qu’elles passaient l’hiver au chaud dans... la vase ! En fait, les hirondelles se retrouvent dans les roselières, riches en insectes, pour faire un dernier bon repas avant le grand voyage pour l’Afrique.

Hirondelles et météo.

Nos grands-mères nous l’ont souvent répété pendant les grandes vacances : quand les hirondelles volent bas, l’orage n’est pas loin ! La raison de ce comportement est simple : lorsque l’orage approche, les masses d’air chaud montent, tandis que les masses d’air froid descendent. Les petits insectes emportés par l’air froid se retrouvent alors au ras du plancher et les hirondelles en profitent pour faire un festin ! Attention, il y a cependant une exception : lors des éclosions d’insectes aux premières chaleurs, les hirondelles volent bas pour s’en régaler, mais il n’y a pas le moindre orage à l’horizon !

Des menaces de plus en plus nombreuses.

Plusieurs menaces pèsent sur l’avenir de notre délicate oiselle. L’utilisation massive de pesticides en Europe et en Afrique attaque directement son garde-manger et la menace de famine. En France, la suppression des haies et des zones humides augmente encore la pénurie : moins les milieux naturels sont variés, moins il y a d’espèces qui y vivent... Enfin, l’hirondelle rustique aime plus que tout les vieilles granges et les poutres pour faire son nid. Les bâtiments modernes ou rénovés lui sont inaccessibles. Bien qu’elle puisse passer en vol par des fentes de quelques centimètres, elle ne peut quand même pas traverser les doubles vitrages ! Enfin, les granges modernes sont couvertes de tôles qui ont vite fait de transformer les nids en fours au soleil de l’été...
Les hirondelles de Noël.

Depuis quelques années, des hirondelles ont été aperçues en France pendant l’hiver ! S’agit-il de quelques flemmardes isolées ou d’une mutation du comportement de l’espèce suite aux changements climatiques ? Seules les années à venir nous le diront...

Un régime ultra spécifique.

Contrairement à beaucoup d’autres oiseaux, l’hirondelle n’a pas un régime alimentaire très varié : des moustiques, des moucherons et autres minuscules insectes, un petit papillon à l’occasion, mais rien d’autre que des insectes volants ! L’hirondelle chasse en vol : le bec grand ouvert, elle gobe les petits insectes par dizaines. Donc, si l’hirondelle, en dehors des migrations, passe autant de temps en l’air, c’est pour se nourrir !