Site Junior - Fondation Brigitte BardotTu désires nous écrire ?
Les Grands Dossiers


Retour à la page des dossiers

Il faut sauver l'antilope Saïga !

Cet étrange animal, guère plus grand qu’un chevreuil et muni d’un incroyable nez, est bel et bien une antilope ! C’est même la seule de cette espèce à avoir jamais peuplé l’Europe où elle figura longtemps au menu de nos lointains ancêtres de l’ère glaciaire. Repoussée à l’Est au fil des siècles, cette antilope migratrice ne subsiste plus aujourd’hui que dans les dernières grandes steppes préservées d’Asie centrale, principalement en Russie, en Mongolie et au Kazakhstan.

Faute d’une protection efficace, elle pourrait disparaître très rapidement.

Une rescapée de la préhistoire
Il y de cela environ 20?000 ans, l’antilope saïga peuplait plusieurs régions de France et servait de gibier à nos très lointains ancêtres !
Ces derniers l’ont souvent peinte dans leurs grottes aux côtés des bisons, des rennes, des mammouths et autres tigres à dents de sabre typiques de cette époque vraiment glaciale ! Brrrrr.


Les cornes et la vie
Le braconnage est directement responsable de la disparition rapide de l’espèce.
Les mâles sont impitoyablement traqués pour leurs belles cornes qui sont ensuite revendues à des négociants chinois et terminent sur les marchés en soi-disant médicaments… La population d’antilopes russes ne compterait plus que dix pour cent de mâles : un nombre nettement insuffisant pour assurer l’accouplement de toutes les femelles et donc la reproduction de toute la population. À cet effroyable carnage vient s’ajouter la transformation progressive de la steppe en pâturages agricoles où l’antilope ne trouve plus sa nourriture favorite et ne peut plus effectuer ses longues migrations.

Fine bouche
Notre antilope ne se nourrit que d’herbes choisies, typiques de la steppe et souvent introuvables sous d’autres latitudes ou dans des milieux naturels dégradés par l’activité humaine.
Ses goûts raffinés rendent l’élevage de l’antilope saïga en captivité extrêmement difficile. Et même si elle finit par s’adapter à ses nouvelles conditions de vie, elle refuse dans la plupart des cas de se reproduire, ce qui complique encore un peu plus l’organisation de sa sauvegarde.



Peau de chagrin
Rarement une espèce sauvage aura aussi rapidement décliné.
Il y a deux siècles, on trouvait encore des troupeaux d’antilopes saïgas à l’est de l’Europe, jusqu’en bordure de la mer Noire. La chasse illégale fut efficacement combattue jusqu’aux années 90 : la population de saïgas comptait alors plus d’un million d’individus, principalement répartis entre la Mongolie, la Russie et le Kazakhstan ! Vingt ans plus tard, les antilopes saïgas ne seraient plus que cinquante mille.

Un physique d’athlète complet
Quand le vent souffle sur la steppe, il déplace d’énormes nuages de poussière, rendant l’air irrespirable.
Mais pas pour l’antilope saïga, dont l’étrange nez sert de filtre, ce qui lui permet de filer à plus de 70 km/heure… avec ou sans poussière !.

Naissances par milliers dans la steppe
Pendant quelques jours de juin, la réserve de Cherniye Zemly, dans la région russe de Kalmoukie offre l’incroyable spectacle de dix milles femelles saïgas mettant bas chacune un à deux petits.
Durant leurs premières journées de vie, ils ne tiennent pas sur leurs jambes et sont soigneusement camouflés dans l’herbe de la steppe par leur mère pour échapper aux aigles, renards et autres loups attirés par l’aubaine. C’est la dernière grande concentration d’antilopes saïgas, une espèce qui, il y a encore cinquante ans, comptait des dizaines de troupeaux similaires.