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Les Grands Dossiers


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Merveilleuses abeilles


Depuis des millénaires, l'homme connaît les innombrables vertus du miel. Il s'est longtemps contenté de piller les essaims sauvages regorgeant de ce précieux trésor.
Il a ensuite appris à les élever à l'intérieur de ruches de plus en plus perfectionnées : c'est ainsi qu'est né l'art d'élever les abeilles appelé apiculture… Ces travailleuses acharnées, à l'organisation très poussée, sont aujourd'hui menacées de disparition par notre pollution.
Un drame qu'il faut éviter à tout prix !

L'organisation parfaite de la ruche
Chaque ruche compte des dizaines de milliers d'ouvrières. Au cours de leur existence, elles remplissent successivement toutes les tâches indispensables à la vie de la ruche.
Les cirières fabriquent les rayons, les gardiennes défendent l'accès contre les prédateurs, les nettoyeuses évacuent les déchets et les cadavres d'abeilles, les ventileuses, à l'aide de leurs ailes, aèrent les rayons afin que la température s'y maintienne à 35 degrés, et, enfin, les butineuses, les plus nombreuses, passent de fleur en fleur pour récolter le précieux nectar dans leur bouche ainsi que du pollen sur leurs pattes arrière.
Si les ouvrières d'été vivent 5 à 6 semaines, les ouvrières d'hiver peuvent atteindre 6 mois. Dans chaque ruche vit également une reine, dont l'espérance de vie est de 5 ans, ainsi que quelques faux-bourdons, les mâles. Ces derniers fécondent la reine en plein ciel durant la belle saison. Ils meurent quelques instants après l'accouplement et les survivants, ceux qui ne sont pas parvenus à se reproduire, sont impitoyablement tués par les ouvrières avant l'hivernage.

Abeilles indigènes ou abeilles hybrides ?
En France, l'abeille noire vit à l'état sauvage. Elle construit ses rayons dans les arbres creux, les murs en ruine ou les trous de falaises. Elle a longtemps été utilisée par nos ancêtres qui capturaient des essaims sauvages pour les mettre dans leurs ruches.
À partir du XVIIIe?siècle, certains apiculteurs ont importé d'autres variétés d'abeilles, puis les ont sélectionnées afin de créer des variétés hybrides plus dociles et plus productives. Malheureusement, ces dernières, qui sont moins résistantes, se sont croisées avec les abeilles noires indigènes, les rendant à leur tour plus fragiles.

La disparition des abeilles menace l'homme
Depuis 20 ans, les colonies d'abeilles sont victimes d'une mortalité très importante. Selon les scientifiques, plusieurs facteurs sont en cause : les insecticides massivement utilisés dans les champs, mais aussi la fragilité des variétés d'abeilles les plus utilisées face aux maladies.
Au-delà du miel, dont la production a fortement chuté à travers le monde, c'est une grande partie de notre alimentation qui est menacée.
En passant de fleur en fleur, les abeilles transportent sur leurs pattes des milliers de grains de pollen. Ces grains vont féconder d'autres fleurs qui, ainsi, pourront se transformer en fruits. Sans abeilles, pas de pollinisation, et sans pollinisation, plus de fruits et de légumes : ainsi, dans les vergers californiens innondés de pesticides, les arboriculteurs sont obligés d'importer des ruches durant la floraison, tous les insectes pollinisateurs locaux ayant disparu.

Une vie de reine
La reine, qui se distingue par sa grande taille, est la mère de toute la ruche. Nourrie par les butineuses, elle passe sa vie à pondre. Selon la période et l'endroit où elle pond, naîtront soit des ouvrières, soit des faux-bourdons, soit de futures reines qui la remplaceront si elle vient à mourir.

Un nuage d'abeilles
Au mois de mai, la vieille reine laisse éclore une nouvelle reine dans la ruche puis, à la tête d'une partie des ouvrières, part en quête d'un nouveau site afin d'y établir une nouvelle colonie. C'est alors un véritable nuage d'abeilles qui prend son envol pour un voyage de quelques kilomètres appelé essaimage. Durant ces quelques heures, les abeilles ne piquent pas : certains apiculteurs n'hésitent pas à se faire alors une véritable barbe d'abeilles !

Les trésors de la ruche
Le miel est le fruit du mélange du nectar des fleurs récolté par les abeilles et de leur salive. Il est stocké dans les alvéoles en cire de la ruche qui, une fois pleines, sont bouchées par un opercule. La chaleur maintenue par les abeilles permet d'en évaporer peu à peu l'humidité : le miel pourra ensuite se conserver plusieurs années sans y ajouter d'autres produits.
Dans la nature, le miel sert de nourriture aux abeilles durant l'hiver : c'est en quelque sorte leur grenier ! Quand l'homme prend ce miel, il doit en laisser suffisamment à la ruche sous peine de la voir mourir de faim durant la mauvaise saison. De nombreux apiculteurs récoltent l'intégralité du miel disponible et fournissent en échange un mélange sucré de remplacement.
Les abeilles fabriquent également d'autres produits : la cire, qui sert à fabriquer les rayons, la gelée royale, utilisée exclusivement pour nourrir les larves des futures reines, et la propolis, une sorte de résine très dure qui permet aux abeilles de boucher les trous qui les gênent.
L'homme utilise, depuis la nuit des temps, des bougies à base de cire d'abeilles pour s'éclairer et consomme la propolis et la gelée royale dont les vertus pour la santé sont très nombreuses.